15
oct
2009
2

Nathalie Portman rappe

Nathalie Portman vient d’entamer sa crise d’adolescence à retardement, et ça fait plaisir :)

J’ai un petit faible pour les carrés de censure complètement useless.

Merci à @ToitagL pour le lien.

Ecrit par F5 dans la catégorie: Musique
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14
oct
2009
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O2zen – Tic Tac

Couverture de l'album Sans.Chantilly [Note préalable: on m'a reproché de ne pas avoir mis le morceau, mais en fait il est plus bas dans un embarqué jiwa.fr]

Avec un regard sur ma vie déjà bien entamée je constate que j’ai souvent passé du temps à analyser la musique. Comment telle sonorité pouvait suggérer telle sensation, comment telle suite de notes pouvait signifier plus ou moins directement des sentiments… Cette analyse s’est toujours faite au détriment des paroles, ce que je me suis souvent reproché. Ça doit venir du fait que j’ai été élevé au classique et à Jean-Michel Jarre (eh oui).

Quoiqu’il en soit, je devais avoir 12 ans… en 1996. Un jour en cours de musique au collège, le prof nous avait dit à tous que pour la semaine suivante on devrait avoir choisi un morceau qu’on appréciait, l’avoir étudié et en avoir préparé un bel exposé. Quatre ou cinq élèves auraient à présenter leur travail devant toute la classe. C’était l’époque où mes potes et moi on écoutait du rap. Et Skyrock aussi. Bref.

J’avais choisi “Les temps changent – MC Solaar”.

La tâche était difficile. Surtout avec du MC Solaar, qui ne fait pas forcément les textes les plus simples à comprendre. Manque de connaissances, manque d’outils de recherche, manque de personnalité aussi.

Aujourd’hui, alors que je suis devenu quelqu’un de fort intelligent et mature, je voudrais reproduire cet exercice sur un morceau qui m’a beaucoup marqué en 2009. Tic tac, du groupe O2zen.
Mais d’abord, O2zen, c’est qui ? Regardez moi ce petit teaser de leur album Sans.chantilly vous aurez un bon aperçu…

O2zen est un collectif de rap Bordelais. Sans rentrer trop dans les détails, les mots clef de leur musique pourraient être: réfléchi, sample de film, instrumental… Ce n’est pas mon métier de définir les styles de musique… mais par contre je peux assurer qu’ils sont 5 :

  • Merlin, instrumentaliste, production.
  • DJ Lodeez, Scratch en live et choix de samples de films
  • Jaco, rappeur (on dit MC)
  • Prisca, danseuse (voir ici Tic Tac en live) et dont on entend la voix dans “Chat”
  • Al, rappeur également.

Bon, c’est bizarre, moi j’ai eu envie d’écrire quelque chose sur O2zen (le morceau Tic tac en particulier car je le trouve excellent) sans vraiment savoir si j’allais m’attaquer à un sujet très rebattu… Tout simplement parce qu’avant de les voir sur l’accueil de Deezer un beau jour de ce début d’année 2009, je n’avais strictement jamais entendu parler d’eux. Et puis c’est en fouillant dans leur mySpace que j’ai constaté qu’ils ont eu pas mal d’articles très élogieux sur des sites spécialisés et des blogs.

Parenthèse de jeune gueulard idéaliste : pas mal de ces articles me filent la nausée, parce qu’il faut bien savoir une chose… Quand t’es journaliste musical depuis 10 ans et que tu ponds ton 318ème article sur un nouvel artiste, tu as des routines d’écriture. C’est terrible et triste. Quand tu es journaliste musical par exemple: “wouaa, je surkiffe le petit sample tiré de Full Metal Jacket, ça rend trop bien”, eh bien tu ne peux pas te permettre ! Nan, nan t’es plutot dans un registre du style “un art consommé de la boucle qui va bien, des mélodies accrocheuses, des orchestrations intimistes jonchées d’interlude à la sauce Madlib, une influence revendiquée.”(1) Ou encore “l’univers d’O2zen se fait mouvant, imprévisible, parfois même crispant lorsqu’il s’acoquine avec des arrangements plus electro et expérimentaux.”(2)
Ah, ça me fait rêver ça. “S’acoquiner avec de l’electro”. M’est avis que quand on écrit des conneries pareilles, c’est pas de coquin qu’on se fait traiter… Enfin bon, en tout cas, je sais pourquoi je ne lis pas ce genre de littérature. Et comme j’ai le devoir de citer mes sources, avant de terminer ce magnifique hors-sujet… (1)Bokson (devenu Mowno depuis) et (2)Evene.fr.

Je m’attèle donc à l’analyse plus ou moins à l’arrache vous verrez de ce morceau d’O2zen, sur l’album sans.chantilly
Tic Tac

Petit conseil de Pro: je ne sais pas si je peux me permettre, mais c’est mieux de l’écouter une première fois sans trop pouvoir être interrompu, et sans lire les paroles. Juste comme ça, sans pression, sans lecture en diagonale en même temps. C’est toujours mieux. Imprégnez vous du son.

Voici donc les paroles. J’ai mis des petites notes en orange, quand j’ai estimé que c’était nécessaire. J’ai également fait le choix d’écrire les paroles en mode parlé, par exemple: “j’rougis”.

Rien ne distingue les souvenirs des autres moments. Ce n’est que plus tard qu’ils se font reconnaitre. A leurs cicatrices. Ce visage qui devait être la seule image du temps de paix à traverser le temps de guerre, il se demanda longtemps s’il l’avait vraiment vu, ou s’il avait créé ce moment de douceur pour étayer le moment de folie qui allait venir. Sample tiré de La jetée de Chris Marker. Voir en bas de l’article. *

J’ai plus d’stress,
mais la vie m’joue des tours.
Tu vois j’m'engraisse
et j’arrête pas les détours.
Les jours J, c’est pas que j’rougis mais j’oublie.
La vie mon joujou,
plein de rencontres et d’bises sur mes joues,
vestiges d’un passé qui fut mon bijou.
Maintenant je joue avec ma mémoire à genoux et j’en joue.

Mes vieux décors s’entêtent.
Je jongle avec des visages sur des corps sans tête.
Plus d’plomb dans la tête que des mirages et des plumes qui me rendent bête,
Me donnent un destin léger, me laissent en marge l’allonger.

Je contourne les obstacles tant qu’j'peux
mais l’compteur tourne, m’amène au point critique
au point que je nécéssite une aide médicale, c’est le hic.
Bestial, je combats au point que je crie, et des tics j’chope…
Hérétique flop, j’écrivais hip hop.
Amène moi une bière ou une civière que j’m'échoue…
Des béquilles et des quilles dans les choux.
Un nuage d’images floues…
Je pars en vrac avec mon bic, bac en poche épique,
sac à domatique, lac de larmes antiques,
bric à brac, j’braque ma case en briques.
Ou mieux qu’tout, le souvenir imbriqué d’une belle demoiselle
qui m’faisait du zèle, qu’avait tout pour elle.
J’nécéssite une autre miss avant ma cécité,
une voix suave, pas trop épave,
douce comme elles savent, voila maintenant ça c’est cité.

Comme j’te dis, c’est pas qu’j’stresse,
mais la vie m’joue des tours…
Ou plutôt m’joue son tour.
J’détoure des tonnes d’images sans contour.
J’épelle des mots sans voyelle, j’compte les clopes dans les paquets de 20,
j’répète tout l’temps l’meme refrain.
Pour mes anecdotes y a pas d’antidote
alors tu t’calmes, t’écoutes et tu fais style que t’es mon pote,
comme ce faux-cul qui squatte sa chaise au bout d’la rue et qui m’a vu.
“Salut”.
On s’était donné rendez-vous dans 10 ans, vendu.
Tu devais payer ta biere au PMU de l’avenue.
Et l’heure passe, et leurs pas repassent, et leur pas ressassent,
Et ma vie trace, mes os se tassent, et moi je trépasse.

Aujourd’hui cette vie j’la recommence, je repars à 0. Oui messieurs dames, aujourd’hui je fais repartir le compteur. Sample tiré de Seul Contre Tous de Gaspard Noe. Voir note en bas. **

Jeune insouciant, sans souci, en santé de fer,
je n’ai jamais connu la guerre.
Ma tête porte une casquette, mon squelette est intact,
aujourd’hui je n’entends pas le tic tac de la montre.
J’ai les phéromones Axe Inca.
J’suis frais, la vie ne m’a pas trop tricar encore.
Les poules, la gnole, la bamboula…
J’les supporte sur l’petit doigt, et les fais tourner, mais mais…
Les nénés, les mastique, baby bombastick,
ouai j’viens du 92, tiens fume mon shit au pneu.
Eh ouai, j’suis un ne-jeu, qui cause en verlan,
comme la levrette, vigoureux et séduisant.
Papy, tu fais plus le poids, t’es séché.
Il m’reste encore bien des étés, pour pêcher.
Tu trembles, j’suis souple.
T’as la sagesse, j’ai l’inconscience.
Tu es seul, à moi seul je suis un groupe.
T’as vu plein de paysages.
- “Moi loin de chez moi, jme sens dépaysé.”
J’m'en super-tape des fjords et des alysées !
Mon crédo c’est plus la drague
sur les champs Élysée à boire un millésimé.
Mais ça tu peux plus l’faire.
Tu t’retrouves là, tu perds comme un clebs qu’a plus d’flair.
Tu deviens gaga parkinsonien en mode vibro,
qui se souvient plus de rien.
Le temps a du punch.
“Les vieux sont nos maitres”
Avant de m’enseigner vos préceptes,
venez gagner au 100m.

Ils s’arrêtent devant une coupe de sequoia couverte de dates historiques. Elle prononce un mot étranger qu’il ne comprend pas. Comme en rêve, il lui montre un point hors de l’arbre. Il s’entend dire :”je viens de là.” Et y retombe, à bout de force.

Ma petite analyse du texte

Alors, hmm, comment c’est organisé tout ce petit bazar ? Quand on ne fait pas vraiment attention au texte, c’est souvent la musicalité qui prend le dessus. En tout cas, pour moi, le texte a une structure non pas complexe, mais suffisamment élaborée pour avoir besoin d’une petite étude à tête reposée (comprenez: sans flux musical). Voyons voir…

La premiere partie ne cache pas trop son jeu : il s’agit du constat attristé de l’évolution de sa vie par l’homme qui vieillit. Souvenirs, amour perdu, corps qui s’assèche, tout y est. C’est glauque à souhait. D’ailleurs le sample de “La jetée” du début donnait déjà le ton, avec la notion de souvenir, sans parler de la voix monocorde…

Le tic-tac qui bat la mesure se dérègle au cœur du morceau puis la coupure samplée du personnage du boucher dans Seul Contre Tous (de Gaspard Noe) et qui se marie assez parfaitement avec le texte donne le ton du changement, du renouveau.

Et c’est là que ça devient intéressant.

On a alors dans la deuxième partie le discours, certainement pas du/des “narrateurs” (permettez?) qui de toute façon habite Bordeaux (en tout cas il me semble), mais d’un jeune insolent qui fait son petit malin devant la vieillesse.

Sauf que le sample invitait à croire qu’il s’agissait d’une seule et meme personne, qui recommençait sa vie à 0 !

On tombe donc dans une sorte de mise en abime, assez joliment établie entre l’homme jeune qui manque de respect au vieux alors que lui-même pleurait sa jeunesse perdue. Sauf qu’il allait finir par se manquer de respect à lui-même plus jeune dans une sorte d’ironie macabre… Ce concept est rendu de façon d’autant plus subtile que l’évolution chronologique attendue aurait été que la deuxieme partie soit la premiere. Et un peu comme une cerise sur le gateau, dans la fin de cette deuxieme partie, les roles s’entremelent, on a la sensation d’assister à un dialogue où seuls les mots permettent de savoir qui parle, cela participe assez bien à la confusion que l’homme entretient avec lui même au fil de sa vie par rapport au temps qui passe.

Enfin “Et y retombe à bout de force”, malgré le fait que dans “La jetée”, la phrase veuille dire quelque chose d’autre (un voyage dans le temps), le sample final donne clairement le ton de la mort. La vie lui a bien joué son tour.

Sans forcément pousser l’analyse plus loin, on a déjà un truc musicalement excellent, un texte vraiment bien pensé, et de quoi dire à tous ses détracteurs que le rap, ce ne sont pas forcément que des tocards qui veulent finir avec 15 putes et 3 voitures à ressort autour d’une piscine.

Bref, écoutez l’album.

* Tirés du moyen métrage photographique “La jetée” de Chris Marker, qui a fortement inspiré le film L’armée des 12 singes. http://www.youtube.com/watch?v=ClvTYd4XnEc#t=2m12
** Tiré du film de Gaspard Noe “Seul contre tous”. (Merci à : http://www.letempsdetruittout.net/gasparnoe/index.asp?v=52 ).
Ecrit par F5 dans la catégorie: Musique
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08
oct
2009
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Pianescalier

“Hey salut !”
- “Salut, tu vas bien ?”
- “Oui, je viens de jouer du piano.”
- “Toi, tu fais du piano maintenant?”
- “Oui, dans le métro.”
- “Dans le métro? Tu fais la manche? Haha !”
- “Non, sur l’escalier!”
- “… Tu vois quelqu’un?”
- “Ba… jme suis fait suivre oui, haha.”

Via

Ecrit par F5 dans la catégorie: Musique
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28
sept
2009
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Le Chedid et son jamman

Ce matin, j’ai poussé des petits cris émerveillés vers 8h32.
En effet, j’ai sorti ce petit extrait du DVD “le Tour de M” de mes archives “à bloguer” ce matin, par hasard en faisant un peu de rangement.

Ça rafraichit :)

Ecrit par F5 dans la catégorie: Musique
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27
août
2009
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Web, lol et grand style

Je profite de cet espace qui m’appartient pour exprimer mon admiration pour ces intervenants du web – ces blogueurs, mais je n’aime pas la famille de mots basés sur “blog”, ça fait gamin je trouve – qui passent une grosse partie de leur temps à écrire des textes de qualité. Je peux en citer trois que je connais et lis : Henry-Michel, Perséphone et Je suis un blog.
Ils ont chacun leur style. L’un est simple, efficace et loyal. L’autre est parfois carrément malsain. Tantôt, ils sont chiants, tantôt elle parle de cul. Des fois on n’a pas envie de lire leurs délires… De temps en temps, ça fait du bien quand ils chient sur leur société pourrie. Important: ils ne sont pas lisses comme énormément d’autres blogueurs qui ne voudraient pas écrire “sale enculé” dans un billet parce que leur mère lit leur blog. Ça leur arrive même de gerber sur le politiquement correct ce qui ne gâche rien.

Mais de quoi parlent-ils, ont ils une ligne éditoriale ? Ce n’est pas la question. Au risque qu’ils le prennent mal s’ils passent par là – j’en serais honoré – on s’en fout : ce n’est pas pour ça qu’on les lit.
Leur truc, c’est de danser avec les mots. Ou plutôt : ils font danser les doigts sur le clavier et leur cerveau suit. On dirait de l’écriture réflexe mais c’est tout maitrisé. Comme ce tennisman qui te fait un service à 200km/h, ça parait si facile. Le “grand style” nietzschéen (oui, là je me la raconte)… Tu sens que c’est d’abord un bonheur d’écrire pour eux. En fait ils s’évadent, ça pourrait presque n’être qu’un détail qu’ils soient lus. C’est là je pense toute la puissance de leur écriture.

On a perdu l’habitude de lire sur internet des textes comme en écrivent ces trois là. De nos jours, la forme qui sert le fond n’est plus ni dans une sorte de style ou de talent syntaxique ni dans la recherche de la belle tournure mais plutôt dans le visuel, l’accroche vendeuse et la mise en page.
C’est effectivement désolant et j’en fais actuellement le constat sur mon propre comportement : sur le web, je ne lis pas l’information car elle est censée venir à moi. Le texte doit avoir trois mots clefs en gras par phrase. L’information est là, soulignée. Hop ! Je clique sur le lien. Cool ! J’ai un contenu vidéo, je m’appuie sur le dossier de ma chaise pour la visionner. Je me redresse, je lis un twitt, je clique, arf ! Une image. Lol ! Je kiffe. Omg, Google, Wtf. RT.

Même (et malheureusement) LeMonde.fr nous offre un triste constat de cet état de fait. Les articles y sont réduits à l’essentiel, pleins de liens et de mots en italique pour aider le lecteur pressé, toutes les pages sont bourrées d’image ultra-caricaturales pour attirer l’œil. C’est à se demander si l’objectif initial d’information peut être rempli sereinement (personnellement j’ai la réponse : ça me sature la gueule ces sites de news). Même les titres contiennent des mots qui sont censés donner envie : en “une”, à l’heure où j’écris ces lignes,  on lit “La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde”. Facile : le mot “merde” joue le rôle d’accroche parce qu’on est en temps de crise, c’est d’une évidence tristement logique.
La lecture n’est plus un plaisir en soi. Quand il ne sert pas platement votre actualité du jour sur GoogleNews, le texte joue uniquement le rôle de “liant de l’information”, comme un œuf dans une recette marmiton.org. Ce ne sont pas les jeunes skyblogeurs modernes qui prouveront le contraire : pour beaucoup la phonétique semble pouvoir être largement suffisante pour faire passer un message parce que de toute façon le message n’est pas dans les mots, il est à coté. Dans l’image ou la vidéo… Mdr !

J’ai ma petite théorie sur ce phénomène qui semble fatalement se rattacher à l’internet, mais dont l’origine se cache à mon avis dans la télévision. Car tout y est rendu facile. On est passif devant la petite lucarne, ça permet ce qu’on veut (”temps de cerveau disponible”, etc). Dorénavant sur internet, pour faire passer une idée, on nous foutra une vidéo.

La vidéo est limitée dans le temps. On est en quelque sorte obligé de la regarder du début à la fin pour tout assimiler, et le rythme de compréhension et d’imprégnation de l’information est imposé. Nous sommes cadrés dans le temps et dans l’espace pour l’assimilation. L’oeil est isolé dans la fenêtre Youtube, il n’a pas à bouger des masses pour capter le sujet. La musique est adaptée pour que ça rentre mieux. La couleur fluo sur un mot clef pendant qu’une voix Off le lit d’un ton décidé, c’est plié. Le message est passé ! Concrètement le cerveau a tout gobé tel quel sans que jamais les éléments d’information ne soient passés par cette phase de traitement qui, il me semble, est imposée par la lecture d’un texte et surtout permet de rattacher à l’information un minimum d’opinion personnelle.
Et puis si sur internet le mec qui veut faire passer son message n’a pas Adobe Premiere, eh bien certes, il t’aura pondu un texte… mais avec des puces et des mots soulignés pour les trucs qui sont importants. Quand c’est un peu moins important, c’est le gras ! Les techniques deviennent similaires à celles de la télévision. Et fatalement, nous nous habituons à cet état de fait. Et pour faire de la visite, le webmaster rentre dans le moule. Sinon pas de lecteur. Le lecteur moyen du web est aujourd’hui statistiquement allergique au texte.

Un jour des mecs ont sorti d’une étude le schéma du mouvement moyen de l’oeil des visiteurs sur une page web. Merci ! En gros maintenant l’info se trouve donc forcément dans le coin supérieur gauche, mais pas trop. Sinon il faut tout structurer visuellement pour que l’info soit prémachée. Objectif moindre-effort pour le client lecteur.

L’ancêtre de ce phénomène, c’est le mot en italique dans ton roman. Je ne me suis pas renseigné, mais cette pratique m’a tout l’air d’être tout droit sortie du cerveau d’un sale flemmard : “Pas besoin d’expliquer, et puis ça met de l’emphase. Allez c’est du bon boulot, phrase suivante ! Le bouquin sort en novembre.”

Concrètement, l’internaute (après le télévore) est rendu de plus en plus courgette, et celui qui écrit peut de plus en plus jouer aux marionnettes pour peu qu’il aie saisi l’ensemble de ces principes.

Arrêtez-moi si je me trompe, mais toutes ces pratiques, en vrai, c’est pour le fric hein? Dites. Quoi qu’il en soit et vu l’état de délabrement dans lequel la littérature s’enfonce avec les nouvelles technologies, je pense que nous serons tous amenés à lire et écrire comme des gogols d’ici une à deux décennies, si le terme “écriture” a d’ici là encore un sens.

Je ne sais pas pour vous, mais moi quand je pose mon cul devant un écran, j’ai des tics. Je clique. Je glisse, je suis en mode LSD. Un onglet ? Clic. Texte bleu souligné: CLIC ! Une image qui bouge? Pas clic (Pub, noob !). Morceau de texte trop important? Zap. Un peu comme devant “Esprits Libres” à la télé.

Ça me fait flipper pour mon avenir et celui de mes futurs enfants.

Car c’est avec une honte grandissante que je constate que je dois me faire violence pour arrêter ma frénésie cliquante et ma flemme de lecture pour poser mon dos sur ce dossier de chaise qui ne me sert que sur youtube et lire un texte bien écrit (avec des muscles par exemple, comme dirait Henry-Michel ici), m’imprégner de l’esprit de l’écrivain, remettre en marche mes systèmes imaginatifs et analytiques, éventuellement briser les routines que je me suis fixées, douter de ce qui est écrit, peut-être en débattre après avec l’auteur car cela est devenu possible aujourd’hui sur internet. Que sais-je encore… De la richesse de pensée, quoi, merde !

J’ai donc un objectif :  essayer de m’arrêter plus de vingt secondes sur les pages web de qualité. Celle-ci par exemple, ou celle-là. Peut-être celle-là aussi :)

Merci à tous ceux qui sans le savoir m’aideront dans cet effort.

Post-édition : merci à Aurel qui m’a envoyé deux excellents liens sur le même sujet,

Ecrit par F5 dans la catégorie: 3615 MyLife
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27
août
2009
0

Trafic, iPhone & Fuck

Ça m’a rappelé ceci:

["The path of the righteous man is beset on all sides by the iniquities of the selfish and the tyranny of evil men. Blessed is he, who in the name of charity and good will, shepherds the weak through the valley of darkness, for he is truly his brother's keeper and the finder of lost children. And I will strike down upon thee with great vengeance and furious anger those who would attempt to poison and destroy my brothers. And you will know my name is the Lord when I lay my vengeance upon thee."]

Ecrit par F5 dans la catégorie: Marrant
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07
août
2009
0

Pentatonisme collectif

C’est lors d’un festival New-Yorkais nommé Wold Science Festival, plus précisément lors d’une conférence intitulée Notes and Neurons: in search of the common chorus que Bobby McFerrin a démontré comment toute une audience peut “deviner” les notes dans l’espace, et, plus fort encore, selon la gamme pentatonique majeure de façon naturelle.
Mais avant tout: la gamme pentatonique, c’est quoi?
Théoriquement, il s’agit d’une échelle de cinq notes différentes (voir wikipedia). Mais en général, ces cinq notes sont déterminées et la gamme pentatonique est très utilisée dans la musique moderne.
Un exemple avec la pentatonique majeure de Do : Do, ré, mi, sol, la
et sa relative mineure qui comprend les mêmes notes: La, do, ré, mi, sol.

Peu de notes, ça sonne juste et bien, c’est très pratique pour improviser car on n’a pas trop de risque de se louper dans l’harmonie. Voyons comment le monsieur nous met l’ambiance dans cette conférence visiblement un peu trop sérieuse…

[A lire vraiment après la vidéo] Bon c’est mignon tout ça mais en fait si on regarde bien la vidéo, la première note est un presque-Do (le mec n’a pas l’oreille absolue), la seconde qu’il dicte lui-même est un Ré. Le public devine ensuite un Mi, mais c’est normal parce que c’est la gamme majeure que tout le monde connait (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do), imprégnés que nous sommes tous depuis des générations dans la musique occidentale.
Plus tard, il saute vers sa droite et chante un La plus grave (le public n’a pas choisi cette note!), puis il enchaine en-impro-comment-c’est-trop-la-classe-en-chantant.
Et le tour est joué. Car une fois que ces 4 notes de base ont été déterminées, notre cerveau habitué à la musicalité qu’on a en permanence dans les oreilles aujourd’hui détermine assez facilement le dernier Sol qui sonne bien. On a ainsi fait croire que la gamme pentatonique majeure est la gamme qui sort naturellement de notre petit cerveau, comme dans une sorte de magnifique inconscient musical collectif, mon cul ouai !
Escroc !
;)

Trouvé chez plomplom.

Ecrit par F5 dans la catégorie: Musique
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Je suis hebergé chez Onideo.net.